L’Athletic Club de Bilbao, un modèle unique dans le football moderne

A l’heure où de nombreux investisseurs rachètent des clubs de football et y investissent des millions pour construire des équipes de rêve, l’Athletic Club résiste et reste fidèle à ses principes.

Inaki Williams et Nico Williams

Huitième du dernier championnat d’Espagne, l’Athletic Club a vécu sa sixième saison consécutive sans se qualifier en coupe d’Europe par le championnat. Une éternité pour ce club de socios. Car oui, à l’instar du Real Madrid et du FC Barcelone, l’Athletic Club vit grâce aux contrats publicitaires, aux revenus marketing (sponsors, droits TV, etc…) et aux revenus liés aux résultats sportifs. Autrement dit, les résultats sportifs sont primordiaux pour continuer d’exister. Dans tout autre club, on n’hésite pas à renouveler l’effectif quand les résultats n’y sont pas. Mais à l’Athletic Club, renouveler l’effectif est bien plus compliqué que cela.

La politique de la Cantera

Car oui dès sa fondation en 1898, le club ne compte dans son équipe que des joueurs d’ascendance basque et sa politique de recrutement au fil des années s’appuie uniquement sur son centre de formation (La Cantera). Cette politique de recrutement très stricte, s’est pourtant révélée très efficace tant l’Athletic Club a dominé le football espagnol entre 1900 et 1960 remportant pas moins de vingt coupes d’Espagne et six championnats d’Espagne. Cette domination a emmené les autres grands clubs espagnols à s’armer davantage avec le recrutement de joueurs de classe internationale comme Alfredo Di Stefano, Ferenc Puskas, José Santamaria ou encore Ladislao Kubala. Ces recrutements ont permis au Real Madrid et au FC Barcelone de prendre le pouvoir et entrainé la chute progressive de l’Athletic Club de Bilbao. Ce qui poussa le club à revoir sa politique de recrutement.

Allègement de la politique de recrutement

Dans les années 90, l’Athletic Club décide de modifier sa politique de recrutement pour la rendre plus souple dans le but de retrouver sa position de dominance du début de XXe siècle. Désormais, en plus du centre de formation, le club peut recruter des joueurs basques (même s’ils ne sont pas nés dans la région de Bilbao), à condition que l’un des deux parents ait une origine dans la région de Bilbao, ainsi que des joueurs espagnols ou non qui sont formés dans le Pays Basque. Cette dernière règle permet notamment de recruter dans les autres centres de formation de la région basque. Depuis, l’Athletic Club de Bilbao a remporté deux supercoupes d’Espagne, en 2015 et en 2021.

Si cet assouplissement de sa politique lui a permis de recruter de plus en plus de joueurs, ce n’est toujours pas suffisant pour rivaliser avec les mastodontes du championnat espagnol qui continuent de recruter les meilleurs joueurs du monde. Pour l’instant, l’Athletic ne faiblit pas et construit son nouveau projet autour de sa nouvelle pépite issue du centre de formation, Nico Williams. Suffisant pour reconquérir l’Espagne ?  L’avenir nous le dira.

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