ANALYSE TACTIQUE – L’OM face au Servette FC

Pour cette nouvelle analyse tactique, nous allons nous intéresser à l’Olympique de Marseille. La pré-saison vient à peine de commencer, mais il n’est jamais trop tôt pour analyser le jeu d’une équipe. Dans cet article, place au match OM-Servette.

Phase de possession

À la relance, l’OM se positionne dans un 3-2-5. Le trio Gonzalez-Balerdi-Amavi sont les premiers relanceurs de l’équipe et s’efforce de ressortir le ballon proprement. En soutien, Gueye et Rongier (Kamara en seconde période) se proposent pour donner des solutions aux défenseurs olympiens et attirer, si possible, les 2 milieux du Servette (qui évolue en 4-4-2).

Payet en faux 9 et les deux milieux Gerson-Kamara (en première période) se placent entre les ligne du milieu et de la défense grenat pour essayer de déstabiliser le bloc servettien. Henrique et Dieng (puis Under et De la Fuente), les ailiers, sont souvent collés à la ligne de touche pour étirer le bloc servettien et essayer de recevoir le ballon en position de 1VS1. Avec l’entrée de Benedetto en seconde période, la donne a un peu changé car l’OM avait un point fixe sur lequel s’appuyer devant et qui était capable de « gêner » les défenseurs centraux adverses.

L’idée de l’équipe de Sampaoli était claire : faire tourner le ballon en attendant de trouver la bonne passe pour un des joueurs entre les lignes. Hélas, en première mi-temps cela n’a pas bien fonctionné à cause du manque de rapidité et de mouvements des joueurs. En deuxième m.t, la situation s’est améliorée car les Olympiens ont pris plus de risques : d’avantage de passes filtrantes, beaucoup de transversales pour l’ailier à l’opposé qui pouvait ensuite aller affronter, etc.

La tactique de l’OM était clair : faire mal sur les côtés. Soit en trouvant un joueur entre les lignes (souvent Payet) pour qu’il puisse ensuite décaler, soit directement trouver un des deux ailiers grâce à de longs ballons.

Une fois l’ailier trouvé, deux solutions : soit ce dernier allait provoquer la défense adverse et terminait son action par un tir (Under et Henrique aiment rentrer sur leur bon pied), soit par un centre avec les autres joueurs qui suivaient dans la surface (Gerson, Payet, Benedetto et l’ailier opposé). L’OM n’attaquait pas de la même manière sur les deux côtés. Avec Henrique à gauche, Gerson avait tendance à demander la ballon aux abords de la surface ou en profondeur pour se servir au mieux de leur qualité de projection. À gauche (côté privilégié dès qu’Under est entré en jeu), Payet et Kamara venaient en soutien pour pouvoir combiner avec le joueur turc et trouver une solution pour finir l’action, soit à l’opposé, soit en profondeur.

Pour finir avec ce chapitre sur l’OM en possession, lors des transitions positives (à la récupération), Marseille a souvent préféré revenir en arrière pour construire le jeu depuis la défense sans accélérer le jeu. Les rares fois où Henrique et Gerson décidaient de se projeter rapidement en avant à la récupération, cela n’a pas débouché à grand chose fautes d’erreurs techniques.

Sans ballon

En phase de non-possession, L’OM défendait en 4-3-3 lors des deux périodes. Amavi s’écartait sur le côté gauche de la défense et Rongier prenait le poste de latéral droit (Kamara avait ce rôle en seconde période). Au milieu, Gueye, Gerson et Kamara (Payet en deuxième mi-temps) formait le trio central.

l’Olympique de Marseille n’avait pas la volonté d’effectuer un pressing hyper agressif. Cette décision est sûrement dû à la période avec des organismes qui ne sont pas encore au top de leur forme. Payet et ses coéquipiers variaient entre pressing offensif et bloc bas pour éviter de laisser trop d’espace aux Suisses. En général, le pressing commençait lorsque l’un des deux défenseurs centraux de Servette trouvait un latéral : à ce moment-là, l’ailier olympien venait presser.

Autre alternative : lorsque Benedetto (ou Payet quand il jouait en 9) pressait l’un des deux défenseurs centraux, un milieu central sortait pour presser le deuxième. Dans ce cas, l’OM transformait son 4-3-3 en 4-4-2 pour pouvoir mettre encore plus de pression.

En transition négative (à la perte du ballon) l’OM tentait souvent un contre-pressing, surtout lorsqu’elle perdait la possession haut sur le terrain. C’est quasi-obligatoire au vue de leur formation en 3-2-5 lorsqu’elle avait le ballon.

Points négatifs

Après avoir passé en revue les différentes phases de jeu, voilà le négatif que l’on peut en tirer : Tout d’abord, l’OM a basé son jeu sur une volonté de garder la possession et faire tourner le ballon en attendant de libérer des espaces et trouver la meilleure solution. Mais si les joueurs sont statiques et que la circulation de balle est très lente, cela mène seulement à une possession stérile, ce qui a été le cas lors de la première période. Beaucoup de joueurs entre les lignes mais très peu de mouvements et de prises de risques, ce qui a aboutit a de très longues phases de possession entre les trois défenseurs centraux et les deux milieux en soutien sans jamais se montrer dangereux. Avant l’entrée de Benedetto, l’absence d’un point d’appui devant pénalisait également le jeu offensif de Marseille.

Un autre point sur lequel Sampaoli devra être vigilant à l’avenir concerne le repli défensif des ailiers. Souvent, à la perte du ballon, l’OM qui attaquait en 3-2-5 se retrouvait en infériorité numérique si le contre-pressing n’avait pas fonctionné et que Servette parvenait à repartir. Cela était surtout dû aux manquements défensifs des Henrique, Dieng, Under ou De La Fuente. Le but servettien est notamment arrivé à cause d’un mauvais repli défensif.

Pour tempérer les choses, cela ne s’agit que d’un match amical. Sampaoli a mis en place une formation très offensive dans le but de tester des choses contre un adversaire assez faible. L’OM a souvent pu gérer les manquements défensifs car l’équipe suisse a commis beaucoup d’erreurs techniques.

L’autre point à revoir concerne les transitions positives car, lorsque l’OM récupérait le ballon en bonne position, l’équipe était incapable de se projeter vers l’avant et d’utiliser à bon escient la vitesse d’Henrique et de Gerson.

Points positifs

En première période, les points positifs à retenir ne se comptaient même pas sur les doigts d’une main. La bonne forme de Payet et son importance lorsqu’il recevait le ballon derrière le milieu servettien en est un. L’autre concerne le contre-pressing à la perte du ballon qui a souvent été efficace.

Les meilleurs choses se sont vues en seconde période. Comme écrit plus haut, l’équipe prenait plus de risques dans ses décisions et c’est à ce moment-là qu’elle a su faire mal. Elle parvenait à trouver ses joueurs entre les lignes et, grâce à sa bonne circulation de balle, libérer de l’espace pour l’ailier qui se retrouvait souvent en bonne position au moment de la réception.

L’entrée d’Under a fait extrêmement de bien à l’OM. Il a toujours fait mal lors de ses prises de balle, soit en rentrant sur son pied gauche pour combiner, soit pour frapper. Le côté droit Kamara-Payet-Under a très bien fonctionné.

Gerson a fait voir son talent pour ses incursions et ses appels de balle, lui qui est tout le temps prêt à s’introduire dans la surface de réparation. Le premier but olympien arrive de cette manière.

L’entrée de Benedetto a été une bonne chose également. Grâce à sa présence dans la surface et ses déplacements, il a permis aux autres joueurs de l’équipe d’être plus libre dans leurs mouvements et leurs déplacements sans ballon. Il a d’ailleurs confirmé son bon match avec deux buts sur lesquels il avait très bien suivi l’action.

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